Héraclès・Un amour perdu

Héraclès・Un amour perdu

La chair du mythe

Héraclès : Un amour perdu, des éditions Tabou proposent une relecture sensuelle et mélancolique du héros grec, loin de la geste tonitruante et des muscles triomphants.

Ici, Héraclès n’est pas seulement force et fureur. Il est un corps habité par la mémoire, un homme blessé par l’absence, un amant endeuillé. Le récit s’ouvre sur une perte intime, fondatrice, qui fissure l’icône et la rend profondément humaine. Le mythe, dépouillé de sa pompe héroïque, devient matière charnelle et affective. L’exploit cède la place au manque.

Le dessin, fidèle à l’ADN de Tabou, s’inscrit dans une tradition érotique assumée mais jamais gratuite. Les corps sont magnifiés, offerts dans une lumière presque antique, avec un sens aigu des volumes, des peaux et des silences. La nudité n’est pas provocation : elle est langage.

Elle dit la vulnérabilité du héros autant que sa puissance, et fait du désir un moteur narratif à part entière.

La mise en scène privilégie les regards, les gestes suspendus, les moments d’abandon. Chaque planche semble chercher l’équilibre entre la majesté du mythe et l’intimité du souvenir. On y lit une nostalgie sourde, comme si l’amour perdu hantait chaque mouvement d’Héraclès, donnant à ses errances une dimension presque élégiaque.

Un amour perdu inaugure ainsi une série qui s’annonce plus introspective que spectaculaire. En choisissant l’émotion plutôt que la légende brute, la bande dessinée transforme Héraclès en figure tragique et sensuelle, à la croisée de l’épopée et du poème charnel.

Un premier tome qui s’adresse aux amateurs de mythologie revisitée, mais surtout à ceux qui aiment voir les dieux tomber le masque – et révéler, sous le bronze, la fragilité de la chair.

Editions Tabou

 

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