Il est des lieux dont l’âme persiste bien après que le rideau est tombé. Des lieux où la mémoire flotte dans l’air, mêlée de velours, de poussière d’or et d’applaudissements retenus. Avec Matin à Mogador, le Théâtre Mogador et la maison Botanicae Expressions signent une collaboration rare : transformer un théâtre en sillage.

Il fallait oser capter l’instant le plus fragile – celui du matin, lorsque la salle est encore vide, que les fauteuils rouges reposent dans la pénombre et que la scène, nue, attend son premier souffle. Matin à Mogador ne raconte pas la représentation ; il évoque l’envers du décor. L’heure où la lumière glisse à travers les moulures, où le bois ciré exhale sa chaleur, où les coulisses murmurent encore les échos de la veille.
La maison Botanicae Expressions, réputée pour son approche botanique sensible et ses constructions olfactives texturées, a choisi de traduire cette atmosphère en une partition subtile. Rien d’opulent, rien d’écrasant : un parfum de clair-obscur, délicatement architecturé.

L’ouverture se veut lumineuse – presque diaphane – comme un rai de soleil filtrant à travers les rideaux épais. Des notes fraîches, aériennes, évoquent l’air encore frais d’un théâtre avant l’agitation. Puis viennent les matières plus charnelles : bois blond, nuances poudrées, peut-être une touche d’iris ou de musc, qui rappellent la noblesse des décors et la douceur feutrée des loges.
La composition joue sur les contrastes, à l’image du lieu. Le velours et la lumière. La scène et le silence. L’intime et le spectaculaire. Le parfum ne cherche pas l’effet dramatique ; il privilégie la suggestion, la mémoire, la sensation tactile.
Cette collaboration dépasse l’exercice de style. Elle s’inscrit dans une tendance plus large : celle de la mise en parfum des lieux culturels, comme une nouvelle manière de prolonger l’expérience esthétique. Ici, le Théâtre Mogador – écrin parisien chargé d’histoire, temple de la comédie musicale et des grandes productions – devient matière première.

Botanicae Expressions ne s’est pas contentée d’apposer un nom sur un flacon : la maison a travaillé à partir de l’identité du théâtre, de ses matériaux, de son rythme propre.
L’odeur du bois, la fraîcheur minérale des murs anciens, la douceur textile des rideaux composent une signature olfactive qui se veut à la fois fidèle et interprétée.
Matin à Mogador est un parfum de connaisseur. Il ne cherche ni l’exubérance ni la séduction immédiate. Il s’adresse à celles et ceux qui aiment les lieux avant la foule, les instants suspendus, les atmosphères plus que les effets.
Porter ce parfum, c’est glisser dans sa journée une part de théâtre silencieux – un rideau qui se lève à l’intérieur, une lumière douce sur la peau. Un geste esthète, assurément, qui rappelle que l’élégance réside souvent dans l’intervalle : entre la nuit et le jour, entre la scène et la salle, entre l’air et la mémoire.
Boutique du Théâtre Mogador・25. rue de Mogador 75009 Paris








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