Dans Poker menteur, Olivier Tournut transforme les cercles de poker clandestins en un territoire de tension pure, où le danger circule avec la même discrétion qu’un regard autour d’une table de jeu. Le roman déploie une atmosphère nocturne et vénéneuse, entre thriller psychologique et polar urbain, où chacun semble jouer une partie dont les règles véritables échappent peu à peu.
Tout commence par une scène glaçante : deux hommes retrouvés nus, empoisonnés au GHB après avoir remporté un jackpot. Aucun témoin, aucune trace, seulement le silence méthodique d’un crime parfaitement orchestré.
Très vite, l’enquête menée par la commandante Isabelle Le Peletier s’enlise dans un labyrinthe de faux-semblants et de manipulations, jusqu’à ce qu’une mystérieuse silhouette sur trottinette fasse basculer l’affaire vers une dimension plus trouble encore.
Au cœur de cette mécanique tendue apparaît Samuel Avonne, policier brisé, retiré du monde depuis des mois. En acceptant d’infiltrer une partie clandestine pour retrouver le tueur, il croit saisir une chance de rédemption.
Mais dans l’univers imaginé par Olivier Tournut, personne n’entre dans le jeu sans y laisser une part de lui-même.
Le roman avance alors comme une longue nuit sous adrénaline, où les alliances deviennent instables, les identités se fissurent et les vérités semblent constamment déplacées. Le poker n’est ici qu’un miroir : celui d’un monde où chacun bluffe pour survivre, où le mensonge devient stratégie, protection ou arme.
Avec une écriture précise et cinématographique, Olivier Tournut installe une tension élégante, presque suffocante. Les tables de jeu, les lumières artificielles, les regards qui s’évitent ou se défient composent un décor d’une noirceur sophistiquée, où les prédateurs se cachent précisément derrière les apparences les plus maîtrisées.
Poker menteur explore ainsi une idée fascinante : dans certaines parties, perdre ne signifie pas seulement abandonner la mise – mais risquer sa propre disparition.








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