À Aix-en-Provence, l’art prend corps. Dans le cadre de la Biennale d’Aix, une carte blanche est consacrée à Jeanne Vicerial, dont l’exposition INCARNATION déploie l’œuvre à travers quatre lieux patrimoniaux de la ville : le Musée des Tapisseries, le Musée du Pavillon de Vendôme, la galerie des sculptures du Musée Granet et la Chapelle de la Visitation, exceptionnellement ouverte pour l’occasion.


Pensée comme une traversée, l’exposition invite à suivre les métamorphoses d’une œuvre qui interroge ce moment mystérieux où l’immatériel devient matière, où une idée prend chair, où le vêtement cesse d’habiller pour devenir présence. Car chez Jeanne Vicerial, le textile n’est jamais un simple matériau : il devient corps, sculpture, enveloppe et mémoire.


Formée au costume et au design vêtement, l’artiste évolue à la frontière de plusieurs mondes. Elle convoque l’histoire de l’art, la mythologie et le sacré pour questionner le corps féminin, ses représentations, ses contraintes et ses transformations. Ses sculptures de fils noirs ou blancs, élaborées selon un geste minutieux proche de l’artisanat, possèdent une étrange puissance : baroques sans être ostentatoires, organiques sans jamais être littérales, elles semblent suspendues entre relique, armure et seconde peau.

D’un lieu à l’autre, INCARNATION révèle ainsi différentes facettes de cette recherche. Les architectures historiques deviennent les écrins d’un dialogue inattendu entre la matière contemporaine et les traces du passé. Les œuvres prêtées par des collections publiques et privées côtoient des pièces conçues spécialement pour l’exposition, offrant un panorama particulièrement ample de la pratique de Jeanne Vicerial.





Chez elle, la mode rencontre la sculpture, le design dialogue avec la science et le geste ancestral du fil se confronte aux technologies contemporaines. Une hybridation qui donne naissance à un vocabulaire singulier, où chaque torsion, chaque nœud et chaque volume semble participer à une anatomie imaginaire.

Avec INCARNATION, Jeanne Vicerial transforme ainsi le vêtement en territoire sensible : une matière vivante où le corps se cache, se révèle et se réinvente.








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