Aux Éditions Dynamite, la bande dessinée érotique trouve parfois des écrins d’une rare sophistication. Avec L’Accordeur et autres histoires, signé par Ignacio Noé et Ricardo Barreiro, le genre quitte les marges tapageuses pour s’installer dans une esthétique assumée, presque picturale.
Ici, l’érotisme n’est jamais trivial. Il se construit dans la tension, dans le regard, dans la lente montée du désir. Le scénario de Ricardo Barreiro cultive l’ambiguïté : jeux de pouvoir, pulsions retenues, glissements psychologiques.
Les corps ne sont pas seulement exposés – ils racontent, ils suggèrent, ils dominent l’espace narratif.
Mais c’est le dessin d’Ignacio Noé qui magnétise. Son trait, d’une précision virtuose, modèle les silhouettes avec une sensualité sculpturale. Les ombres sont profondes, les chairs lumineuses, les décors presque baroques. Chaque planche semble chorégraphiée, comme si le désir lui-même obéissait à une mise en scène savante.
L’Accordeur et autres histoires se lit alors comme une partition : variations sur l’attente, crescendos charnels, silences lourds de promesses. L’album joue de la suggestion autant que de l’abandon, cultivant un érotisme d’esthète, sophistiqué, qui préfère l’intensité à l’outrance.
Dans cette édition soignée, l’ouvrage s’impose comme une pièce de collection – une œuvre où la bande dessinée explore, sans vulgarité, les territoires du fantasme et de la psyché. Une célébration du désir, pensée comme un art visuel à part entière.








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