Sophie Zénon

Sophie Zénon

La mémoire et l’oubli, la perte et l’absence, sont au cœur de la pratique artistique de Sophie Zénon. Comment rendre compte du passé quand le langage manque ? Comment rendre visible l’indicible ? Comment produire des images malgré tout ? Comment transformer l‘acte photographique en acte poétique ?

Envisageant le paysage comme un lieu d’expérience, elle aborde le passé dans sa dimension de présent et le vivant dans sa capacité de résilience. Sur un paysage photographié au présent, elle superpose diverses strates temporelles et différentes écritures plastiques, pour rendre compte de ce qui, au-delà du visible ou de l’ici et maintenant, incarne l’esprit des lieux.

Dans ses œuvres, les corps y sont des spectres, des lieux de passage porteurs d’enjeux historiques, politiques et métaphysiques. « Un revenant étant toujours appelé à venir et à revenir, écrivait Jacques Derrida, la pensée du spectre, contrairement à ce que l’on croit, fait signe vers l’avenir. C’est une pensée du passé, un héritage qui ne peut venir que de ce qui n’est pas encore arrivé – de l’arrivant même ».

MOMIES DE PALERME (IN CASE WE DIE)

Ces photographies constituent le premier volet d’un cycle dédié à la représentation du corps après la mort intitulé « In Case We Die ». En Occident, dans un contexte de déni de la mort, comment figurer l’infigurable ? Et comment en aborder le thème par le medium photographique, « cette écriture du vacillement  », posant d’un même mouvement, l’absence et la présence passée d’un même objet, d’un même être ? C’est l’ontologie même de la photographie qui est questionnée.

www.sophiezenon.com

 

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