Portrait historique au cœur de l’après-guerre en Allemagne
Un matin, un homme est retrouvé mort sur les rives de l’Elbe. La victime semble être un soldat de l’Armée rouge, et avant que l’inspecteur Max Heller ne puisse réagir, les militaires russes saisissent le cadavre et lui interdisent de s’en approcher. Il ne reste qu’une mare de sang sur la neige et un sac à dos abandonné. À l’intérieur, l’inspecteur y découvre une tête humaine.
Avec Mille diables, Frank Goldammer signe un roman qui ne se contente pas de raconter une histoire : il installe une atmosphère, dense, presque suffocante, où chaque page semble chargée de cendres et de silences. On entre dans ce livre comme on franchit un seuil interdit, avec la sensation immédiate que rien n’y sera simple, ni totalement innocent.
Frank Goldammer a l’art du clair-obscur. Son écriture, précise et sans fioritures, avance avec une maîtrise implacable, laissant affleurer une violence sourde, toujours contenue, jamais gratuite. Mille diables explore les zones troubles de l’âme humaine, là où les certitudes se fissurent, où le bien et le mal cessent d’être des catégories confortables pour devenir des tensions permanentes.
Le roman progresse par strates, révélant peu à peu un monde où la morale se négocie à voix basse, dans l’ombre.
Roman noir, certes, mais aussi méditation sur la responsabilité, la mémoire et les cicatrices invisibles que le temps ne referme jamais complètement. Mille diables se lit comme une descente maîtrisée, presque esthétique, vers ce que l’humain a de plus fragile – et parfois de plus inquiétant.








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