Dans l’univers feutré de la haute gourmandise, où chaque détail compte et où la mémoire des gestes se transmet comme un héritage précieux, Franck Deville trace une ligne singulière. Petit-fils de pâtissier, il porte en lui cette noblesse artisanale qui ne s’apprend pas, mais se cultive au fil des saisons, des parfums et des textures. À cette filiation sensible s’ajoute une rigueur acquise auprès des grandes tables, où il affine son regard et son exigence jusqu’à l’épure.

Chez lui, le macaron n’est pas une simple douceur : c’est un territoire d’expression.
Coques délicates, presque nacrées, ganaches ciselées avec précision – chaque création raconte une histoire, souvent discrète, toujours juste. Et voilà que l’artisan choisit aujourd’hui de franchir une frontière gustative inattendue, en convoquant les saveurs du Levant.
Sa nouvelle variation, le macaron au zaatar, surprend d’abord par son audace, puis séduit par son équilibre. Le célèbre mélange d’herbes et de sésame, aux accents légèrement acidulés et subtilement torréfiés, s’invite ici avec une élégance maîtrisée. Loin de toute démonstration tapageuse, Franck Deville en révèle la finesse : une note végétale, presque sauvage, relevée d’une chaleur douce qui évoque les pierres chauffées au soleil et les marchés d’épices.

En bouche, la rencontre est délicate. Le croquant fragile de la coque cède à une ganache soyeuse, où le zaatar déploie ses nuances avec retenue. Rien ne domine, tout dialogue. C’est là, sans doute, la signature de l’artisan : une capacité rare à faire cohabiter tradition française et inspirations lointaines sans jamais trahir l’une ou l’autre.
Avec ce macaron, Franck Deville ne cherche pas à surprendre pour surprendre.
Il propose une traversée sensorielle, un pont entre héritage et ailleurs. Une gourmandise pour esthètes, assurément, mais surtout pour curieux éclairés, prêts à redécouvrir un classique sous un jour nouveau.








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